lundi 12 janvier 2009

Cuab: Vinales - Cayo Justa

Vamos a la playa Cayo Justa.
Une longue baie de sable blanc entre mangrove et océan. Un bout de paradis. Au large la barrière de corail brise la houle en écume blanche.
Sitôt arrivés, sitôt à l’eau !
Je nage, déterminé, jusqu’à cette fameuse barrière coralienne. Je ne sais pas si elle se souviendra de moi, mais en ce qui me concerne je me souviendrai d’elle longtemps…. A peine ma jambe a-t-elle effleuré les coraux que je suis entaillé sur toute la cuisse. Manifestement la bougresse a des défenses, car non seulement ça ne cicatrise pas mais en plus réaction allergique. Je reviens sur la terre ferme la jambe sanguinolente et les plaies tuméfiées.
2h après, tout rentre enfin dans l’ordre, ma jambe a un aspect normal, nonobstant les entailles.
A midi un petit casse-croûte sous la paillote.
Un couple de péniblos (comme par hasard français) tape le scandale car on a omis de leur inclure le lunch dans le forfait. Ils veulent en découdre sur le champ, alerter la police, le ministère, Fidel s’il le faut, mais nom de dieu ils veulent leur cuisse de poulet avec sa bolée de riz. Ah mais.
Palabres à n’en plus finir.
Finalement, de guerre lasse, le taulier leur file leur assiette, et basta.
La meuf en peut plus de parader en claironnant « et bien on l’a eu notre lunch »
Tout ce cirque pour 3 cuc….
M’en fout, pendant que les deux ploucs se gâchaient le plaisir, je me suis enfilé des mojitos.
Le barman s’enquérant s’il fallait « mas ron », j’opine et hop une lampée de rhum en plus !
Pendant que je sieste au soleil, un cubanito de mes deux vient demander à Sylvie si elle veut fumer son puro (Sylvie prétend qu’il a dit UN et non pas MI).
Je vais lui faire fumer le mien, ça va le calmer !
Retour au village ; vu les prévisions météo peu réjouissantes pour les jours à venir, on se réserve vite fait une excursion à Cayo Levisa pour demain.
En se garant, un cubain arrache l’aile d’un taxi en stationnement.
Tôle froissée, rien de plus.
Mais l’événement est abondamment commenté par les villageois attroupés pour l’occasion, chacun y allant de sa version, avec force gestes, pour expliquer ce qui s’est passé et ce qu’il aurait fallu faire pour l’éviter ; chacun ayant SA version de l’affaire.
On file sur la colline derrière notre casa s’attabler au bar et boire un mojito en regardant le soleil se coucher sur les mogotes.
Une belle journée bien remplie et nous sommes couleur langouste sur tout le corps.









dimanche 11 janvier 2009

Cuba: Vinales - Cayo Levisa

Toute la journée ! Une ile perdue au large, du sable fin comme de la farine, une plage sans fin. Le paradis ! D’autant que les touristes restent agglutinés autour du bar, tout l’île est à nous !
Le ciel à beau être un peu couvert, le soleil tape dur…. Et de langouste on a viré carrément hibiscus.
Au retour, sur le ferry, un trio de bachi-bouzouks a foutu sa sono à donf avec une musique technoïde de barjot. Mériteraient de se faire fiche par dessus bord.
Une fois à la casa, en 10 mn le ciel vire couleur encre et en moins de deux un énorme orage avec éclairs, pluie diluvienne et électricité coupée nous tombe dessus.
































samedi 10 janvier 2009

Cuba: Pinar del Rio

La météo prévoit un vent froid, en conséquence on se loue un taxi pour aller à la ville voisine, Pinar del rio, pour y faire des emplettes.
Première halte à la fabrique de guayabita : liqueur à 40° rappelant le brandy. La consommation locale absorbe toute la production artisanale.
Deuxième halte : fabrique de cigares. Tout est fait main. Impressionnant.
Dans les deux cas on a rempli le sac à dos des produits manufacturés.
Il se trouve que c’est la journée spéciale gastronomie à Pinar. Sur la rue principale, 4 stands occupent toute la chaussée. Le premier sert du rhum, il est fort prisé des cubains. Les 3 autres rivalisent de chefs avec toque et tenue blanche impeccable pour sortir à la chaîne des omelettes et des sandwiches à la mortadelle.
C’était la semaine gastronomique made in Cuba.
Ensuite on recherche des boutiques souvenir. En matière de colifichets, Cuba se résume à rien de chez rien.
Retour en bus à Vinales où on à la chance d’avoir un stand de bimbeloteries sur la place. Ca fera la rue Michel pour les cadeaux, de toute manière y’a rien d’autre.









vendredi 9 janvier 2009

Cuba: Vinales - les mogotes

Snif, c’est le dernier jour à Cuba.
Journée scooter pour explorer les mogotes.
Elle commence bien, puisque le vendeur ambulant proposant le drapeau du Che est enfin revenu. On se précipite toute affaire cessante pour acheter la Sainte Relique.
Ensuite on parcourt, sur notre 2 roues, les environs de Vinales. Promenade frisquette vu le vent, mais pleine d’intérêt.
Le soir Ada nous mijote notre dernière langouste : dommage qu’elle ait laissé tomber la salière dans le bouillon…. Et pour courroner l’affaire, voilà qu’elle propose des mojitos aux nouveaux venus alors qu’elle n’a rien fait de tel pour nous.

Au départ du bus, on re-croise 2 français entraperçus la veille au retour de Pinar. Frigorifiés, ils filent à l’est, sauf qu’il n’y a plus de place dispo dans le bus, nous avons raflé les 2 dernières.
On envisage alors un co-voiturage en taxi lorsqu’un couple de jeunes mariés anglais, en lune de miel, nous fait part de sa déconfiture avec le bus rempli.
Discussions et in fine on part avec les english en taxi, solution qui arrange tout le monde.
Voyage épique sur l’autoroute longeant les rizières cubaines et ayant pour particularité d’y héberger voitures, piétons, charettes à cheval et vélos, sans compter les marchands ambulants et autres auto-stoppeurs.
Périodiquement des ponts sans accès enjambent l’autoroute : il était prévu qu’ils desservent des routes, mais la crise économique de 99 a stoppé là l’infrastructure. Ces ponts servent désormais d’abri ombragé pour les stoppeurs.
De curieux renforcements le long de la chaussée attirent l’attention : ce sont des parkings pour avions, l’autoroute se transformant en piste d’envol en cas de conflit.
On échange avec notre chauffeur quelques infos sur la situation de l’ile.
Le majeur problème est économique, et l’économie est liée à la politique. Et donc, diplomatiquement, notre chauffeur espère bien fort un changement économique.
En attendant il projette une année d’étude linguistique en Allemagne où il espère trouver une teutonne arrangeante pour un mariage blanc, seul sésame pour s’expatrier.
A l’aéroport, un dernier mojito en attendant l’avion…. Et en fond sonore un quatuor nous joue un « commandante ».
Hasta la revolucion, siempre !
Au duty-free, la surprise : les parfums sont au même prix qu’en France, et pour les cigarettes/cigares, y’a 11% de taxe sur la carte bleue. Encore une dernier impôt révolutionnaire













































































jeudi 8 janvier 2009

Cuba: épilogue

De Cuba on ne connaissait que peu de choses : la mythologie du Che, le blocus américain, la poigne de Fidel et les privations de liberté, les ouragans.
En un mois, d’un point de vue de touriste, on a pu quelque peu parfaire notre vision de la réalité cubaine.

Coté rayonnant :
- la santé, l’éducation y compris universitaire, la culture et le sport entièrement gratuits. Aucun pays au monde n’a ça
- chaque cubain mange à sa faim et se loge décemment
- drogue et prostitution sont extrêmement peu fréquents
- plus de 60% de l’agriculture est bio
- ¼ de l’ile est réserve naturelle protégeant ainsi la flore, la faune et le paysage
- l’idéal altruiste et anti-impérialiste du Che est toujours vivace

Le manque de ressources naturelles et le blocus américain empêchent Cuba de s’équiper en produits manufacturés, d’où l’absence chronique de biens de consommation et de diversité alimentaire.

Coté obscur :
- restriction des libertés  tous azimut
- télé et radios étrangères brouillées, internet quasi interdit
- interdiction de voyager d’une province à l’autre sauf autorisation spéciale
- interdiction d’émigrer
- censure de la presse et de la littérature
- opposition politique interdite

Ceci étant pour tous les détracteurs du régime cubain : allez donc voir à Haiti, l’ile voisine, s’il fait meilleur y vivre….
Car il faut comparer ce qui est comparable, et dans les Caraïbes, avec un passé semblable et des ressources similaires, peut-on considérer que les Antilles sous perfusion française, les Bahamas (excepté les gestionnaires de fortunes défiscalisées), St Domingue, Jamaïque sont de meilleures réussites ?

Alors oui y’a de TRES sérieux progrès à faire concernant les libertés, mais force est de reconnaître que le modèle social cubain est exemplaire et le meilleur au monde.